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Prince

21 avril 2016, le monde apprend la mort de Prince. Surprise et stupeur… mais de qui , de quoi ?

Apprendre la mort de Prince 3 mois après la mort de Bowie, ça fait dire que 2016 semble assez fatidique pour la variété internationale.

Alors bon… je vais être honnête, la seule chanson que j’ai pu aimer de Prince, c’est bien Purple Rain qui se situe pourtant pile dans la période que je trouve la plus difficile pour les oreilles. Mais elle est tellement ancrée dans la culture collective qu’on y rattache nécessairement quelque chose : un moment, un sentiment… bref… elle nous parle.

Mais même si je n’apprécie pas sa musique (de manière générale), il serait dommage de le laisser être réduit à ce plus gros succès commercial (20 millions d’albums vendus quand même) sans parler de ce qu’il a pu faire d’autre ou qui il a pu être d’autre. Parce que Prince, c’est un monstre (sacré ou pas, hein) de la musique des 40 dernières années mais rares sont ceux qui peuvent se vanter de connaître ses 40 disques sur le bout des doigts.

Physique de poids plume, poids lourd de sa catégorie

On le sait peu, voire on ne le sait pas, mais par exemple, Nothing Compares 2 U est une composition de Prince. On passera sur le fait que peu de monde soit capable de donner un autre titre de Sinead O’Connor pour en retenir le fait que ce soit une chanson qui a elle aussi marqué une génération et son temps. C’est quand même révélateur d’un talent certain.

Prince a vendu à peu près 80 millions d’albums dans le monde et à travers sa carrière qui s’étend de 1978 à 2016. Avec plus d’une trentaine de disques studio, il est l’un des artistes les plus prolifiques et les plus denses de sa génération. Il a suivi les modes et les temps, a pris son inspiration auprès de James Brown, Little Richard ou Jimi Hendrix. Il a marié les genres en répondant aux influences du funk, de la soul, du R&B ou encore de la pop. C’est un homme qui sait jouer d’une vingtaine d’instruments et qui se singularise par sa volonté de rester intègre dans ce qu’il propose. Il compose et joue l’entièreté de ses morceaux pour répondre à une seule exigence : qu’ils soient l’exact rendu de ce dont il a envie.

Il a prouvé dans les années 90 qu’il était attaché à cette intégrité en dénonçant les termes du contrat qui le liait à la Warner qui le produisait. Il affiche publiquement son désaccord et, suite à des décisions de justice, s’en détache partiellement en 1996 puis totalement en 2000. Ce n’est pourtant pas l’épisode qu’on retiendra du géant au gabarit de fillette.

Prince ou l’art d’être un artiste

Artiste avant-gardiste, engagé et déterminé, Prince est une boule à facettes dans l’univers de la musique. Il commence avec For You en 1978, et je vous rappelle que c’est quand même l’année des BeeGees, La Fièvre du Samedi Soir toussa toussa, hein… donc bon, on ne peut que reconnaître que Prince est déjà un artiste à part. Il gardera sa spécificité tout au long de sa carrière en variant les genres et les plaisirs. Plaisirs, dont il parle avec hardiesse et panache au fil des années. Rappelons Dirty Mind qui fait quand même l’apologie du désir sexuel. Il s’amuse à repousser les limites du tabou avec ce qu’on pourrait presque appeler de l’insistance et peut-être qu’après tout, ça fait partie des attributions d’un artiste aussi.

Mais il ne chante pas que des textes pornographiques et assume aussi ses prises de position sur des sujets comme la peine de mort. À côté de ça, je préciserai quand même qu’en 2008, il a dit faire partie des Témoins de Jéovah.. On admire donc sa facilité à faire la part des choses dans sa vie. À moins qu’il n’ait été schizophrène et que ça pourrait justifier qu’il ait autant de pseudonymes et noms d’artiste que de genre musical et de costumes à travers les âges.

Mythique (surtout à partir de maintenant) et mystérieux, Prince est une personnalité indéfinissable qui laisse peu de place au privé dans son art. Il ne s’épanchera jamais sur la mort de son unique enfant et revendique des convictions qui s’accordent a priori assez mal avec ce qui semble être ses croyances.

Androgyne et sans âge, il n’a définitivement aucun genre. Ni sexuel ni musical, si ce n’est le sien. Il est l’un des rares à pouvoir se vanter, au final, d’avoir toujours tout mis en œuvre pour faire la musique qu’il voulait et comme il la voulait. On aime ou on n’aime pas… ça n’enlève pas son talent.

Olwen R.

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