fête·humeur

Euro 2016, merde

Alors bon, hier encore, j’écrivais à une pote que le foot : « plus que ne pas aimer, je m’en désintéresse ». Et c’est parfaitement vrai. Mais je me suis levée de mauvais poil et je suis restée de mauvais poil toute la journée. Alors pas de bol, y a un match ce soir… comme à peu près tous les soirs depuis une semaine me diras-tu. Mais ce soir, c’est la France qui joue. Oh putain.

En fait, le pourquoi du j’écris ces lignes de mauvaise humeur, c’est parce qu’il faut comprendre que c’est compliqué de constater que mon quotidien parfaitement désintéressé du foot, est quand même envahi par le foot. Dans la rue, dans les médias, jusque dans mon bureau. Et c’est bien parce que je n’ai pas la télé que le foot n’envahit pas mon salon.

Pour la première fois, j’ai ouvert une page web concernant ce si merveilleux sport où tout le monde est si fair-play (lol) et j’ai vu, et certainement pas encore assimilé, qu’on en prend jusqu’au 10 juillet. Oh putain (bis). « On en prend »… ouais… parce que c’est quand même une lourde peine tout ce tintouin pseudo festif quand tu t’en fous. Et puis regarde bien : pendant ce laps de temps, y en a qui auront le temps de passer les épreuves du bac, d’avoir les résultats, de passer au rattrapage pour certains et d’avoir encore des résultats… toute une vie, quoi…

Alors ok, la semaine est particulièrement morose et c’est tant mieux que les gens s’amusent et se marrent. C’est même très bien. Mais faudrait voir à garder le sens de la mesure. Et c’est bien là le problème en fait.

Euro 2016, traitement de faveur

L’Euro (et le Mondial, et les JO, etc.) c’est un peu comme savoir ce qui se passe dans une série que tu ne suis pas (genre Game Of Throne, Walking Dead et ainsi de suite), ça parasite littéralement ton environnement (en tout cas le mien), parce que je n’ai pas besoin d’aller chercher l’info, elle vient à moi toute seule. Et c’est parce qu’elle vient à la place d’autre chose que c’est pénible. Elle mange l’espace de ce que moi, à titre personnel, je juge plus utile.

Et encore, au-delà du fait que je sois obligée d’avoir des infos que je ne demande pas, il faut se rendre compte que c’est déconcertant de voir l’abrutissement massif légitimé sous le principe de « liesse populaire ». y a qu’à voir les hooligans, vraisemblablement, ils savent se marrer, eux. Et là c’est encore pas de bol : il se trouve qu’en plein état d’urgence, on accorde un pouvoir de discrédit aux casseurs pour les manifs et du coup on interdit (sans demi-mesure) les manifestations mais alors par contre, le supporter décérébré alcoolisé (plus communément connu sous le nom de « hooligan » (encore que j’élargirais un peu le concept de supporter décérébré alcoolisé)), lui quand il fout la merde, on interdit la vente d’alcool dans d’autres patelins. Et c’est bien connu, le vrai problème de l’Euro, c’est l’alcool vendu en supérette. C’est pas dans les bars, c’est pas dans les stades (non, non).

Parce que de mon point de vue, à moi, parfaitement neutre voire hermétique au principe de chauvinisme sportif, c’est que pendant ce type d’événement, c’est autant de bœufs mal élevés qui vont pomper l’air des nanas dans le métro le soir, c’est autant de comas éthyliques qui vont parasiter mon trajet (et à 00h dans le métro, c’est vraiment relou d’être arrêté un temps infini pour ça), c’est autant de trottoirs transformés en pissotière géante, c’est autant de beuglements assourdissants qui te permettent de connaître le score d’un match dans un périmètre de 3km, et j’en passe.

Ou l’importance de ce qui n’en a pas.

Ca, c’est le ressenti. Après y a le reste. Ce que les gens oublient, ce que les gens ne voient plus/pas… Et finalement, ça gonfle encore plus. On pense au scandale de corruption dans la FIFA, aux subventions accordées par l’état pour la rénovation de 10 stades en France, aux comportements douteux des joueurs eux-mêmes, aux propos scandaleux des joueurs eux-mêmes…

Et puis quand l‘Euro 2016 refuse d’accorder une minute de silence en hommage aux victimes du massacre homophobe d’Orlando alors les Français ont eu droit à leur minute au match qui a suivi les attentats du 13 novembre, on se dit qu’en plus d’inonder les foules, c’est un monde égoïste. Leur argument se tient, hein… évidemment on ne peut pas se concentrer sur toutes les atrocités du monde. Mais c’est quand même bien de renvoyer l’ascenseur de temps en temps, il me semble. Le problème du foot, c’est qu’en étant un sport de pauvres (oui, oui… il faut bien dire ce qui est), il est devenu hyper populaire. En soi, c’est une bonne chose. Mais alors quand ça devient la compétition du plus offrant avec toutes les dérives que ça entraîne (tu te rappelles les favelas de Rio au moment du Mondial ? Ou le tarif de la passe : 3€?), que c’est passé sous silence et que le peuple s’engouffre dans un divertissement corrompu sans s’inquiéter des conséquences que ce sport ou que son comportement (au peuple) a sur le reste du monde, je trouve qu’il y a un problème. Que ça en devient un univers aux normes indécentes et à la popularité obscène, sans que ce statut de divertissement tout puissant soit même remis en question, ça me dérange. Et dès lors que mon quotidien ne peut plus faire abstraction de la manifestation en question, alors j’estime que c’est que ça prend trop de place « sociétalement » parlant.

On n’enlèvera pas au foot (et peut-être le sport de manière générale) que c’est fédérateur et l’occasion de passer de bons moments conviviaux. Mais en fait, ça ne devrait être que ça. Or, c’est bien plus. Sûrement bien trop. Et c’est chiant parce qu’en profitant de ces moments populaires (dans le bon sens du terme), on finit par cautionner les dégueulasseries de l’ensemble du foot. Tu l’entends la valse du pognon ? Oui, c’est bien toi qui la fais danser en omettant de te poser toutes ces questions.

Ce soir, je ne sortirai pas de mon appartement. Parce que je n’ai pas envie de me faire éructer dans les oreilles comme vendredi dernier (1er match de la France), parce que je n’ai pas envie de voir un homme saoul s’écrouler dans ma rame de métro parce qu’il a trop bu, parce que je ne veux pas entendre de vuvuzela partout où je vais et parce que je ne veux pas cautionner ce genre de manifestation sportive qui annihile l’esprit des masses.

« Donnez-leur du pain et des jeux » C’est bien ça la phrase ? Oh putain… y a plus de pain.

Olwen R.

Euro 2016_2

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