folk·indie rock·musique

Anthony And The Johnsons, folk psyché

Funeste mois de juin 2016, marqué par l’assassinat de Christina Grimmie et un massacre homophobe à Orlando, il m’a semblé délicat d’écrire un billet d’humeur qui ne vire pas dans le pathos. Du coup, ce qui m’a semblé opportun, c’est de découvrir ou redécouvrir Antony And The Johnsons, groupe porté par Anohni, artiste très engagée et accessoirement transgenre qui entame sa carrière solo, là, maintenant !

  • Ma chanson coup de cœur : Fistful Of Love
  • Le plus plus plus que j’adore : un psyché poétique.

Antony and The Johnsons, folk psyché et aura doucereuse

Déjà un peu connu et surtout, pas complètement neuf, c’est un groupe mené par Antony Hegarty, Anthony and The Johnsons. Américain, il naît dans le New York des années 90. Marqué par des textes engagés et un univers musical à la fois  sombre et lumineux (oxymore quand tu nous tiens), la signature de ce phénomène musical est essentiellement due à la voix si particulière de la chanteuse transgenre Anohni née Antony Hegarty. Cette voix oscille constamment entre tristesse et poésie et suffit à elle seule à signer l’âme du groupe. Délicate et sans démonstration de puissance, la voix de la chanteuse est comme un filet qui vit d’une émotion qui s’insinue en nous.

Leur nom du groupe lui-même est déjà porteur de message et ancre son identité dans l’engagement (politique essentiellement) : Antony pour la chanteuse, et The Johnsons en hommage à Marsha P. Johnsons, célèbre drag-queen engagée afro-américaine morte le jour de la Pride March de juillet 1992.

Avec leur univers légèrement psyché et doucereux, c’est Lou Reed, un écorché vif, qui les remarque et les aide à gagner la notoriété en les faisant participer au projet The Raven.

Rarement pétillant, tous leurs titres restent pourtant une invitation à l’écoute vraie et à la douceur. Comme un temps de repli pour mieux s’ouvrir à ce qui fait vibrer le monde. De messages de paix en revendications en tous genres, les textes d’Antony and The Johnsons portent toujours dans une sphère étrange à l’essence de recueillement.

Avec un album en moyenne tous les quatre ans, on apprécie la délicatesse et surtout le peaufinement de chacun d’entre eux. Toujours en quête d’interpeller les gens, leur musique se débrouille pour le faire par les sentiments. On ne se lasse pas non plus de découvrir des reprises comme Knockin’ On Heaven Door qui rend une âme à la chanson  de Dylan après le passage ravageur des Guns N’ Roses.

Anohni, naissance d’une artiste engagée

Et puis après moult changements dans le groupe (à la fin, seules deux des membres étaient d’origine : le leader et Julia Kent), le moment est venu pour Antony Hegarty de sortir de son cocon en entamant une carrière solo sous le nom d’Anohni.

Encore plus engagée, plus politisée, elle démarre doucement, presque secrètement en novembre 2015 avec la chanson Manta Ray écrite pour le documentaire Racing Extinction et pour laquelle Anohni sera nommée pour le 88e Academy Award for Best Original Song (quand même, hein !). Anohni refusera de se pointer à la cérémonie parce qu’on lui interdit de chanter ce morceau. Soit.

Elle sort le premier single de l’album 4 Degrees, qui fait une entrée pas assez remarquée (à mon goût) au moment de la COP21 et qui dénonce le réchauffement climatique et les tractations politiques qui se jouent à l’arrière de la scène publique.

La suite, c’est maintenant que ça se passe. En mai 2016, son premier album solo Hopelessness (produit par Hudson Mohawkee et Oneohtrix Point Nevere) sort avec le single Drone Bomb Me qui est à lui seul un message politique qui vise à critiquer librement et de façon cinglante la politique américaine en matière de guerre. Sur des sonorités moins folk et plus électro qu’avec Antony and The Johnsons, Hopelessness promet d’être le moyen parfait pour la chanteuse de poser en musique nombre de ses combats qui lui sont chers tels que la surveillance de masse, la peine de mort ou le féminisme.

Révoltée et engagée, Anohni partage ses messages avec poésie et en devient très engageante. Toujours princier, son style charme et on a envie de croire que le monde qu’elle souhaite est possible et on a surtout envie de décoller nos pieds de la tristesse qu’elle chante et qui ressemble trop fortement à notre monde.

Olwen R.

Son site internet : http://anohni.com/

Antony and The Johnsons – 2000

I Am A Bird Now – 2005

The Crying Light – 2009

Swanlights – 2010

Anohni

Hopelessness – 2016

Et là, c’est la playlist Youtube qui va bien avec l’article, abonne-toi !

Anohni_2
Anohni
Advertisements

Une réflexion au sujet de « Anthony And The Johnsons, folk psyché »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s