folk·indie rock·musique·Non classé

Radical Face, quand la musique nous est contée

Radical Face, alias Ben Cooper, a terminé en mars 2016 ce qui risque d’être son œuvre magistrale : Family Tree. Un triptyque musical aussi bien personnel qu’imaginaire, projet audacieux et qui lui a demandé de l’endurance, le bidule s’étant construit sur plus de 10 ans. Oui m’sieur. 10 ans que Radical Face peaufine son travail pour nous offrir des textes touchants et des mélodies poétiques.

  • Ma chanson coup de cœur : Little Hell
  • Le +++ qu’on adore : une musique qui tangue entre rythme et poésie.

Outre-pop/outre-folk, un entre-deux rock sympatoche

Ne lis pas « Foutre-pop/Foutre-folk », hein. Malgré l’allitération en F attrayante, ça n’a pas de sens !

En vrai, Radical Face, quiconque a la télé et donc toi (c’est presque sûr), le connaît. Oui, c’est presque obligé parce qu’il a pondu ça : Welcome Home. C’est brillant, hein ? On l’a tous archi kiffée sur la pub Nikon et d’autres et bien cette musique ne résume pas tout l’univers de Radical Face mais en est un bon résumé.

C’est un guitariste. Un de ceux qui a de la magie dans les oreilles et dans les doigts. C’est quasi systématiquement la base de ses chansons. Ca, c’est pour son côté folk. Pour le côté rock, il agrémente ses mélodies de rythmes à l’aide ses mains, de boîtes et ainsi de suite : tout ce qui fait du rythme.

Il a fait ses armes dans différentes formations comme Iron Orchestra ou Electric President. Ce sont des univers épurés l’un comme l’autre qui donne une place importante aux harmonies et, assez souvent, des arrangements classiques.

Dans Radical Face, Ben est tout seul et fait finalement plus de bruit ! Prolifique en écriture de textes, il possède déjà de nombreuses chansons composées et enregistre son premier album The Junkyard Chandelier par ses propres moyens. Le résultat est brut de décoffrage et manque, à mon sens, d’affinage (oui, oui… un peu comme le fromage). Mais celui qui suit : Ghost est une perle. Et c’est bien avec celui-ci que Radical Face nous ouvre grand les portes de son univers : c’est un conteur.

Radical Face, le conteur

Il n’est pas fou, il n’est pas un poète maudit, il n’est pas sous LSD mais il a tout de même une perception des choses qui dénote. Ainsi, l’album Ghost (Winter Is Coming) fait parler une maison… Welcome Home en est d’ailleurs le titre principal. C’est curieux, mais c’est une histoire. Radical Face nous balade dans les murs, dans les meubles, dans la matière… nous fait rencontrer des gens, des esprits, un monde. La perception d’une maison, une autre dimension… il donne vie à ces corps inertes et on aurait presque envie de se poser dans son canap’ pour parler à ses murs.

Après cet album, il entreprend Family Tree et ses trois volumes : The Roots, The Branches et The Leaves. Le travail est considérable et ce qui ne devait pas nécessairement être une introspection se termine par un délicieux mélange de vrai et d’histoires plus ou moins fabuleuses. Ponctués par des EPs, ces bouts d’œuvre sont magistraux et le triptyque colossal. Inspiration titanesque et variation des atmosphères, Radical Face nous montre encore une fois que le monde de la composition est inexploré, tout comme celui de la poésie.

The Roots est le plus folk des 3 (mon préféré) : A Pound Of Flesh est à écouter en boucle. Celui-ci raconte une famille du XIXe et comme un puriste ou comme quelqu’un qui croit fort à l’authenticité de ce qu’il raconte, l’album n’est composé qu’avec des instruments qui existaient à l’époque : zéro anachronisme !

The Branches, c’est une histoire un peu plus récente mais toujours vieille… Fin du XIXe à début XXe, il continue son épopée lyrique et ajoute des instruments, comme une évolution naturelle de l’histoire et pourquoi pas de l’Histoire. Les héritages, les transmissions… une suite logique au premier opus. Summer Skeleton.

Et enfin The Leaves… Non pas comme une conclusion mais comme une maturité trouvée à tout un projet, à toute une histoire. Bad Blood ou la légèreté de ce qui se laisse porter. Comme la douceur d’une feuille, un ornement fragile à préserver.

Tel un recueil de nouvelles, il raconte en une musique ce qu’une photo tente de capturer pour un simple coup d’œil. Ses chansons sont un peu comme des tableaux qu’il n’y a pas besoin de décortiquer pour comprendre. Il raconte et partage toutes les émotions, charnel et voluptueux, il t’envoûtera tout comme quand sa maison te parlait. Chacun s’y retrouve, un peu ou beaucoup, chacun se laisse porter un passage, s’approprie un instant de ce que Radical Face conte.

Olwen R.

ça c’est son site , et il faut aller le voir, il est à l’image de l’artiste : ludique et poétique !

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