fête·humeur

Pourquoi je ne ferai pas de crêpes à la Chandeleur ?

Demain c’est la Chandeleur. Youpilou, dernière fête du cycle de Noël (oui, oui, si tu ne savais pas : 40 jours après Noël). Et qu’est-ce qu’on mange à la Chandeleur ? Des crêpes. Et qu’est-ce qu’on mange beaucoup en Bretagne ? Des crêpes dis-donc  ! Mais pitié… arrête d’en réclamer aux Bretons pour ce jour-là !

Pourquoi je ne ferai pas de crêpes à la Chandeleur ?

Déjà, parce que tu as cru que c’était une évidence : je suis Bretonne donc je ferai des crêpes. T’as peut-être même pensé, ne serait-ce qu’un bref instant, que c’était presque mon devoir de Bretonne d’en faire (en particulier ce jour-là). Oui… mais nan… y a 2-3 trucs à bien noter avant de les réclamer.

Origine de la Chandeleur

C’est un joyeux mélange de fête païenne et de fête chrétienne. Si, si, j’te jure.

Côté païen, l’idée pour les Celtes (par exemple) était de célébrer le printemps, les jours qui rallongent, les nouvelles semences, toussa toussa. Bref, l’arrivée de la douceur et des beaux jours (mais vite fait parce qu’il peut quand même encore neiger). Mais en fait, le principe de fêter le temps de semer est répandu à travers le monde entier. Et pour les Romains (il y a fort fort longtemps), c’était le jour de la balade en torches pour honorer les morts et Pluton lors des Lupercales.

Côté chrétien, c’est donc la fête qui termine le cycle de Noël. La fête des chandelles. Les origines païennes aidant, le pape Gélase Ier (Ve siècle) s’est dit qu’il y avait un truc à faire : il a christianisé les Lupercales et elles sont devenues la fête des chandelles (pas des lumières, hein). Du coup le truc à faire, c’était de se balader avec des chandelles, pécho un cierge à l’église, le ramener à la maison toussa toussa pour célébrer la Présentation (de Jésus) au Temple et symboliser le voyage de la famille sacrée à Bethleem.

Voilà. Ça, c’est pour les grandes lignes et les gros (voire très gros) raccourcis. (Désolée pour les puristes).

Origine des crêpes

Je ne te ferai pas la déclinaison des différents types de crêpes et surtout pas le fameux laïus de tout Breton qui se respecte de la différence entre crêpes et galettes. Nan. Ranafoutr’.

Les crêpes, y en a absolument partout dans le monde. Mais vraiment partout. C’est à base de blé, de riz, de pois chiche… chaque partie du monde les fait avec ce qu’il a sous la main. Les Chinois ne les font pas à base de farine de blé par exemple. La crêpe est le résultat de cette farine mélangée avec un liquide (eau, lait, truc, bidule…). C’est cuit. Pourquoi ? Parce que c’est plus facile à mastiquer que cru. L’Homme est une feignasse depuis des lustres apparemment. Oui.

Du coup, en Asie tu les fais à base de farine de riz, si tu es au Mexique c’est une tortilla, aux Pays-Bas un pannenkoek, dans l’Europe de l’Est un blini, en Amérique du Nord un pancake ou encore un dosa en Inde. Voilà, tout ça, ce sont des crêpes. Enfin… des sortes de crêpes. T’as vu ? C’est presque évident !

Pourquoi des crêpes à la Chandeleur ?

Parce que c’est rond et que ça rappelle le soleil. Comme on fête un peu le retour des beaux jours, pourquoi pas manger un truc rond ? Hein ? J’te l’demande. Par ailleurs, c’était aussi l’occaz’ de laisser naître quelques superstitions… et aussi de finir les récoltes de l’année passée pour permettre à la nouvelle d’être florissante. Ou encore la fameuse tradition de la pièce en or dans la main gauche tout en faisant sauter la crêpe de la main droite. Et quelques autres. Ça c’est côté païen.

Côté chrétien, il paraîtrait que Gélase Ier (encore lui) a fait offrir au bon peuple des oublies (un truc rond qui ressemble à une crêpe) pour retaper les pèlerins. Sympa, non ?

La crêpe en Bretagne

Alors pourquoi ici c’est un savoir-faire qu’on attribue à la Bretagne ? C’est un peu un mystère mais globalement, c’est parce que les Bretons en ont mangé plus que les autres. Le sarrasin rapporté des croisades arrive en Bretagne (la réalité des explorateurs Bretons apparemment) au XIIIe siècle et il se trouve que les Bretons en ont fait des GALETTES (pas les crêpes, hein). Pourquoi plus aisément en Bretagne qu’ailleurs ? Parce que le sarrasin a besoin d’humidité pour bien se cultiver (la pluie bretonne toussa toussa). Pourquoi on en a mangé plus en Bretagne qu’ailleurs ? Parce que c’est un plat de pauvres et que la farine de sarrasin n’était pas soumise à l’impôt, contrairement à la farine de froment. Ben ouais… CQFD.

Mais bon… n’oublie pas que si la Bretagne l’a déclinée sous différentes formes et avec différents types de farine, dans le Nord de la France on sait les faire aussi mais à la bière et en Normandie, avec du Calvados (histoire d’être original)… et un peu partout en France, chacun à sa sauce. La crêpe (sucrée, donc) ne serait en fait apparue que plus tard…Genre au XIXe avec les restes de la pâte à galettes (retiens bien ce mot !).

Voilà. Alors ptet que j’en ferai… ptet pas. Mais même si je ne renie pas l’héritage hautement gastronomique de la Bretagne, ce serait cool de se rendre compte que ce plat est partagé dans le monde entier et je dirais même plus : dans la France entière. Alors j’ai presque envie de dire : fais-les toi même. Si les crêpes sont bien une tradition bretonne, la Chandeleur ne l’est pas et manger un truc rond qui évoque le disque solaire non plus. C’est universel.

Olwen R.

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