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Je ne jetterai pas la pierre aux abstentionnistes

Ce blog n’a pas de visée politique. Grands Dieux, non… Par contre, il a la totale liberté d’exprimer des coups de gueules, petits ou grands, parce que ça fait toujours du bien par où ça passe (comme on dit). Dans la course à la présidentielle de 2017, My Little Univers ne veut pas s’embourber et explique pourquoi l’abstention peut aussi être à respecter.

Dans un peu moins de 3 semaines, chacun, en son âme et conscience (ou pas) ira voter (ou pas). Comme à chaque élection, on entend le jeu de la culpabilisation et de l’accusation de ceux qui ne se déplaceront pas et qui donc, donneraient (attention c’est du conditionnel) leur voix à celui qu’on ne voudrait pas voir élu (ben oui ça marche que dans ce sens-là, si tu aimes celui qui est élu, tout de suite tu ne reproches rien aux abstentionnistes).

L’abstention comme opinion (ou pas)

Mais avant d’accuser qui que ce soit de quoi que ce soit, je tiens à faire la part des choses ne serait-ce que dans le groupe des abstentionnistes. Ouais. Y a ceux qui ne vont pas voter parce que la conscience politique leur passe à des années lumières au-dessus (ou en-dessous, hein) et ceux qui ne se rendent pas aux urnes parce qu’ils ont justement une conscience politique qui les empêche de prendre parti pour quelque chose (ou quelqu’un vu que c’est essentiellement du show-biz) qui ne leur correspond pas.

Donc aux premiers, j’ai envie de dire : désinscris-toi des listes, ce sera plus honnête.

Les autres, que dire ? Oui, que te dire si ce n’est que je comprends parfaitement qu’entre deux mis en examen, un héritier d’une politique « sociale » régressive, un extrême aux discours parfois plus que limite facho et une figure montée de toute pièce par les sondages et Hollande, tu fasses le choix de ne pas perdre de temps.

On pourrait rétorquer un truc du genre « déplace-toi, ça reste un acte citoyen et une voix exprimée » mais non en fait. L’abstention compte bien plus comme suffrage inexprimé que le vote blanc comme suffrage exprimé. Du coup, faudrait peut-être voir à statuer sur cette incohérence. Donc c’est pas de bol, pour le moment les abstentionnistes à opinion sont noyés avec les abstentionnistes je-m’en-foutiste. C’est quand même bien commode pour venir faire culpabiliser sur des résultats d’élection qui sont le fruit de beaucoup d’autres choses mais certainement pas d’un manque d’intérêt de la part des citoyens !

Et après tout, il y a 30 ans, Coluche le disait très bien « Si voter servait à quelque chose, ça fait longtemps que ce serait interdit. » À méditer, hein.

L’abstention comme un droit

Oui mais alors… si je fais cette distinction, pourquoi je ne me revendique pas comme abstentionniste ? Ha !

Parce que dans le trip du vote comme droit mais aussi comme devoir, il faut croire que je suis restée au stade du devoir plus que celui du droit. Droit qui, j’en ai bien conscience, est parfaitement relatif compte tenu de l’oligarchie qui tire les ficelles de ce simulacre de démocratie. Et devoir qui, il ne faut pas se leurrer, est parfaitement vain. Mais bon… ça va peut-être changer dans la mesure où il me semble que cette année plus que toutes les autres, cette course à la présidentielle ressemble à un canular : le plus gros poisson d’avril jamais monté. On rigolera sûrement beaucoup moins le soir du 23 avril mais, à vrai dire, je ne rigole déjà pas beaucoup d’observer cette mascarade. Entre ceux qui n’ont pas de programme, ceux qui reviennent sur les mêmes poncifs et ceux qui feraient mieux de ne pas la ramener, on peut accorder, éventuellement, un petit prix aux « petits » candidats qui ont encore le courage d’entrer dans une arène qui n’est pas taillée pour eux.

Mais alors… si le discours de la peur, de la morale citoyenne et de la culpabilisation marche sur moi (en tout cas jusque-là), comment reprocher aux abstentionnistes d’avoir le courage d’assumer un choix qu’on leur jette à la figure, alors qu’en 2002, Chirac s’est tout simplement torché avec ses 80% de vote, qu’en 2005 55% des votants ont dit non au traité de la constitution européenne (qui est quand même passée un peu plus tard sans qu’on demande l’avis des électeurs) ou encore mieux : que les adhérents socialistes ont voté pour un candidat qui voit se débiner (pour un rival) tous ses « copains » de son propre parti ? Comment accorder une valeur au vote ou comment même penser que les élus y accordent de l’importance ? Et pareil pour les valeurs d’un parti du coup ? C’est pas une blague, ça ? Il aurait fallu le dire dès le départ si le PS, ça voulait dire Macron. À partir de ces simples faits, il me semble compréhensible que certains choisissent d’oublier leur carte d’électeur (et ça, c’est sans parler des casseroles de nos candidats). Parce que finalement, si on les regarde bien (eux tous), la seule valeur du vote à leurs yeux, c’est le pouvoir de les légitimer pour le peuple (mais pas tellement par le peuple, nuance). Même si c’est superflu (la preuve avec Valls).

L’abstention comme expression

Et à ce jour ?

A ce jour j’ai fait mes procurations. Est-ce qu’elles serviront, je ne sais pas encore. Parce que plus que tout, je refuserai de me laisser culpabiliser par les arguments suivants : il faut contrer Le Pen, untel ne passera jamais au second tour etc. Je refuse de voter pour le candidat qui a le plus de chances de gagner si celui-ci ne correspond pas à mes convictions (ben oui, c’est quoi l’intérêt de voter si c’est juste pour donner sa voix au gagnant ?). Je refuse d’entendre que s’éparpiller sur les « petits » candidats au premier tour, c’est laisser plus de chances aux extrêmes de gagner. Ce ne sont pas des arguments. Fillon, Hamon, Le Pen, Macron ou Mélenchon se sont tous les mêmes. Ils n’ont de changement que la parole. Pour des raisons constitutionnelles et politiques plus largement, les programmes de chacun d’entre eux (quand ils en ont) n’ont aucune valeur puisque leur mise en application dépend d’autre chose que d’eux-mêmes. Resteront donc les législatives derrière mais… là encore… si les députés faisaient acte de présence à l’Assemblée pour autre chose que Pamela Anderson, peut-être qu’on aurait envie de les croire ou si le 49.3 ne servait pas qu’à contrer l’opinion du peuple, à nous dire « j’vous emmerde bande de péquenauds »… hein… -amertume-.

Pour voter, tu ne devrais pas perdre de vue non plus que, pour entrer dans la course à la présidence, quel que soit le bord ou les convictions, il faut quand même faire preuve d’une sérieuse mégalomanie. Alors qu’est-ce qui te fait croire qu’il ou elle saura penser autre chose qu’à sa propre gueule ? On admettra tout de même une mention à Poutou qui ne sait pas faire autrement que de dire « nous » dans son discours tant la prétention d’être président est lointaine. Mais quelle belle marrade ces « débats » à 5 ou à 11, tous polissés, tous en costumes bleu/cravate bleue, tous faussement stoïques, tous prétentieux : un spectacle de communication plus ou moins rondement mené. Qui irait alors reprocher à Poutou et Arthaud qu’ils restent un peu « brut » ?

Voter par dépit, ce n’est pas voter. C’est faire perdurer un système qui, selon toute vraisemblance, n’est pas représentatif des électeurs. Au stade de l’élection présidentielle, quand tu vas voter, tu as déjà eu des présélections (primaires, signatures, banques etc.), comment cela peut-il être représentatif ? Comment se reconnaître dans des valeurs quand celles-ci sont déjà passées par tant et tant de filtres ?

Certains se retrouvent très bien parmi les candidats et leur politique (je le note volontairement au singulier) et c’est tant mieux pour eux. Mais pour ceux qui voudraient une alternative qui est impossible compte tenu du système (celui de nos politicards), il reste quoi comme expression ? Ben pas le vote blanc puisqu’il n’est pas considéré comme un suffrage exprimé. Alors ?

Bah alors c’est une affaire de conscience. On est bien d’accord pour dire que si tu es inscrit mais que tu ne vas pas voter juste parce que ça ne t’intéresse pas ou que tu es en vacances, c’est plutôt naze. Mais en revanche, si tu es inscrit et que tu ne vas pas voter parce que c’est une volonté de faire entendre une voix, on ne devrait pas s’autoriser à te juger.

La conscience politique t’emmène nécessairement vers un choix : celui de l’expression. Dans un sens ou dans un autre, système ou anti-système (dans la mesure du possible), il semble suffisamment évident que les têtes d’affiches font preuve de mauvaise foi et souvent de condescendance pour que la responsabilité du citoyen soit d’exprimer une réelle opinion, peu importe le moyen.

Il reste encore à la faire entendre.

En attendant : « Que le meilleur gagne et que le plus con l’emporte ! »

Olwen R.

Pour aller plus loin : un très chouette documentaire !

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