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Leonard Cohen

Triste, triste semaine… Leonard Cohen est mort ce 10 novembre. Je ne voudrais pas faire de lien avec l’élection de Trump mais bon… je comprendrais que ce soit quelque chose dont on ne se remet pas. Et là, c’est lui, il avait 82 ans… Restons positif, ce sera peut-être maintenant qu’on arrêtera de penser qu’Hallelujah est une chanson de Jeff Buckley… (sic).

  • Ma chanson coup de cœur : So Long, Marianne 
  • Le +++ que j’adore : sa voix basse et sa poésie.

Je m’emballe rarement pour célébrer les talents ou même simplement les gens. Bah oui… j’ai tendance à toujours garder une certaine mesure. Ils ont beau être hyper talentueux, c’est quand même vachement rare de ne pas avoir fait de la merde à un moment ou à un autre.

Sans aller jusqu’à dire que c’est le cas de Léonard Cohen, mon éloge s’arrêtera aux environs de 1974 (ce qui est vachement précis tout de même) parce qu’après cette date, ses choix artistiques ne me correspondent tout simplement plus. Trop de synthé, trop de guitare basse, trop de choristes, trop de… trop.

Mais je vais vous parler de mon Léonard Cohen à moi parce que c’en est un qui a contribué à guider mes préférences musicales et parce qu’il avait une âme bien particulière. Une aura qui, pour moi, rayonnait d’une façon unique. Qui le connaît en tant qu’écrivain et poète ? Qui le savait moine bouddhiste zen ?

Écrivain, poète et parolier

Avant d’enregistrer des albums (donc avant 1967), c’était un Canadien genre poète maudit (dépressif chronique assumé, hein), qui a commencé par écrire : des poèmes et des romans. Dont les thèmes tournaient souvent autour de la relation inter et intra personnelle. Il commence par des poèmes puis doucement des essais. Dans une langue soutenue, fine et parfois crue. C’est donc assez naturellement qu’il devient parolier. Son premier fait d’arme sera Suzanne… et sur celle-ci, rien à dire. Elle est douce, elle est dosée. Les paroles sont d’une tendresse infinie. Judy Collins en fait un vrai tube et Leonard se lance dans la chanson.

J’ai découvert Leonard Cohen avec Songs Of Leonard Cohen. Sans partir dans un trip hippie (parce que je n’avais que 14 ans), ces notes douces et ces paroles pleines de… pleines tout court, ont fait naître le plaisir des musiques simples. Une voix bien posée (une voix de basse pour lui s’il vous plaît), la finesse de la guitare, des textes plus ou moins engagés mais toujours bien tournés. La folk venait de se révéler à moi avec The Partisan ,  une de ses trop rares chansons en français (rappelons qu’il est né à Montréal). Mais l’univers que je venais de découvrir et dont Cohen faisait partie (avec Joan Baez,  Dylan etc.) était vintage et surtout en totale opposition avec les Boys Band (dont c’était la mode en ce temps-là… ).

Il restera sur des tonalités folk, c’est-à-dire minimalistes et douces, jusqu’au milieu des années 70 où l’esprit hippie folk s’éteint peu à peu pour laisser place à ses influences plus jazz, plus modernes etc. en partageant continuellement ce qui le touchait : son rapport au judaïsme, la sexualité, l’Homme.

Il est le père de plusieurs perles des dernières décennies mais plus que Suzanne,  je pense que c’est un autre chef d’oeuvre que la postérité retiendra. C’est en 1984 qu’il compose Hallelujah dont il fait quelque chose qui lui ressemble à ce moment-là (synthé toussa toussa) mais qui sera révélée par Jeff Buckley, pour l’essentiel, en l’interprétant presque à la manière d’un Cohen des sixties.

Voix crépusculaire au timbre envoûtant,  Leonard Cohen laisse une oeuvre magistrale. Teintée de respect,  d’amour (toujours) et de pessimisme. Il n’a jamais dérogé à ce qu’il était,  à qui il était et n’en faisait une démonstration qu’à travers ses textes.

L’autre Cohen

L’autre, c’est celui où le silence et la méditation comptent au moins autant que le sens des mots. Tout en mesure et en pondération, Léonard Cohen semblait être de ceux parfaitement détachés de la matérialité. Il a eu plusieurs combats judiciaires dont pour l’un il n’a réclamé qu’1$ de droits et pour un autre n’a jamais revu l’argent détourné (par exemple).

Pour dire, au milieu des années 90, il se retire dans un monastère bouddhiste, le Mount Baldy Zen Center (aux States). Il y vit une expérience qui n’appartiendra qu’à lui, selon les rites bouddhistes et dans le repli sur une communauté. Il est ordonné moine bouddhiste zen en 1996 et reste au monastère jusqu’en 1999. Aucune production, aucune composition durant cette période avant un retour dans les studios pour 2001. Son temps pour lui,  sa foi (dans le respect de sa foi juive) resteront ce qui marquent son aura. Spirituel et d’un charisme spectral,  je garderai cette image d’une force tranquille dont la voix grave en est la résonnance. 

Discret et, je pense, humble, Leonard Cohen tend à rester loin des médias sans pour autant se cacher. Il existe 2 documentaires à son sujet, il a participé à 2 films, composé 14 albums studios (dont les 4 premiers sont les seuls folk) et écrit pas moins de 12 romans et recueils de poèmes. Il ne chantait pas ni n’écrivait pour ne rien dire.

Comme une prévision,  un chant du cygne empreint de classe,  il nous a fait cadeau d’un au revoir en sortant son ultime disque il y a 3 semaines.

Hey, That’s No Way To Say Goodbye, sauf pour vous M. Cohen.

Olwen R.

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